Présentation du Parc National de Khnifiss

Le parc national de Khnifiss s'étend sur une superficie de 180 000 ha et contient un système lagunaire de 6000 ha appelé Naila (ou petite sandale, ce nom provient de la population locale qui ne peut parvenir pied nus au site de la lagune, car le chemin à traverser est plein de cailloux). La lagune est un site de stop-over pour de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs, c'est une des raisons qui à permis de la classer dans la convention de RAMSAR (zones humides protégées). Ainsi que « Réserve naturelle » en 1962, zone humide d'importance mondiale en 1980, réserve permanente en 1983 et enfin SIBE de priorité (I) par le HCEFLD.

Administrativement parlant, il englobe la quasi-totalité de la commune d'Akhfennir et empiète au sud-ouest la commune de Tah. Ces deux communes dépendent de la meme région, Tarfaya et de la province de Lâayoune. Ceci constitue un avantage de gestion pour garder l'aspect naturel du parc en contrôlant toute construction sur la zone protégée.
Le parc est particuler car il englobe trois biomes. Une composante lagunaire associée à une partie marine et une partie continentale désertique.

Le parc fait face à de nombreuses contraintes. Le réseau de transport est très limité, handicap majeur à l'activité touristique. Les aléas climatiques avec le peu de précipitation que la région reçoit, des vents forts et la possibilitée d'ensablement.

Au sein du parc les sites présentant un attrait touristique ont été divisés en trois parties par l'assistant technique et l'équipe du parc:

- Les sites naturels littoraux avec les falaises d'Akhfennir et son gouffre, le cordon dunaire avec ses dunes fixes (appelés dunes rouges et dunes jumelles), les plages et la lagune.

- Les sites naturels de l'arrière pays avec la vallée de Oued Ezzahar, la vallée de l'Oued Khaoui Naâm et le plateau de El Ghouiba.

- Les sites archéologiques avec le Bourj Agoutir et le site de Echguiguen.

La population du parc évolue avec un taux d'accroissement de 1,9 %/an (1334 habitants en 1994 et 1583 habitants en 2004) et se concentre au village d'Akhfennir et autour des salines de la sebkha de Tazra. Les activités de la population se limitent à la pêche, l'élevage et l'exploitation du sel.

Le parc national constitue un refuge pour les oiseaux migrateurs et un point de passage obligatoire pour la grande majorité des quelques 3,5 millions d'hivernants.

211 espèces ont été recensées dans le parc par les experts du PGAP en 2003-2004, ce qui en fait un site important et intéressant pour l'observation et le suivi de l'évolution des différentes espèces. Les effectifs à titre d'exemple de limicoles hivernants sur la lagune sont en déclin et sont passés d'environ 24 000 individus en 1970-1980 (Kersten et Smith, 1984), à 15 000 en 1985-86 (Beaubrun, 1988) et à moins de 6230 à partir des années 1990 (Quinba, 1999), les trois quarts de ces populations ont donc été menacés dans une période de 20 ans. Ces chiffres montre bien le degré de dégradation et l'importance de protéger ce lieu.

La région du parc, héberge une biodiversité de mamifères équivalente aux milieux les plus conservés de la vallée du Bas Der'a. Même si les espèces de grande importance nationale ou régionale ont disparu ou sont devenues rares, il y demeure une communauté de mamifères assez riche et diversifiée.

L'association étudie et essaye de mettre en place le "Projet de création de la station d'acclimatation et de réintroduction des Antilopes Sahelo-Sahariennes" sur une superficie 700ha au Coeur de la zone désertique du parc. Ce projet à pour but de réintroduire une espèce phare mais disparue dans région, la Gazelle de Cuvier.